La jarretière mariage, ou jarretière de mariage comme on l’écrit aussi, traîne une drôle de réputation. D’un côté, un accessoire de lingerie chargé d’histoire, lié à un ordre de chevalerie royal. De l’autre, un jeu d’enchères où la mariée relève sa robe pendant que la salle retient son souffle. Beaucoup de futurs mariés se posent la même question : faut-il vraiment garder cette tradition, ou a-t-elle définitivement basculé dans le malaise ? Avant de trancher, il faut comprendre d’où vient ce rituel, pourquoi il dérange autant aujourd’hui, et ce qui peut le remplacer sans gâcher l’ambiance. Spoiler : on peut garder le clin d’œil sans la gêne.
- À l’origine, un simple ruban pour tenir les bas, porté par les hommes comme par les femmes.
- Sa célébrité vient de la cour d’Édouard III et de l’Ordre de la Jarretière, fondé en 1348.
- Le jeu consiste en des enchères pour compléter la cagnotte des mariés.
- Il est aujourd’hui souvent jugé misogyne, daté et source de malaise.
- Des alternatives existent : jeu de la cravate, lancer, ou borne photo qui fait participer tout le monde.
Jarretière mariage : d’où vient cette tradition ?
Avant d’être un jeu, la jarretière était un objet du quotidien. Pas de symbole, pas de mise en scène : juste une question de praticité vestimentaire.
Un accessoire d’abord purement pratique
À une époque où ni les porte-jarretelles ni les bas autofixants n’existaient, il fallait bien empêcher les bas de glisser le long de la jambe. La solution tenait en un ruban noué en haut de la cuisse, puis en une bande élastique remontée jusqu’au-dessus du genou. Détail oublié : cet accessoire était porté aussi bien par les hommes que par les femmes. Rien de sexy au départ, donc. Juste un bout de tissu qui faisait son travail.
La légende d’Édouard III et l’Ordre de la Jarretière
Le glissement vers le symbole se joue au XIVe siècle, à la cour d’Édouard III. Lors d’un bal donné à Calais, la comtesse de Salisbury laisse tomber sa jarretière devant l’assemblée. Pour couper court aux ricanements, le roi la ramasse, la noue à son propre genou et lance la formule restée célèbre : Honni soit qui mal y pense. De cet épisode naît en 1348 l’Ordre de la Jarretière, l’ordre de chevalerie le plus prestigieux de Grande-Bretagne, qui existe toujours. On est loin, très loin, de l’enchère entre la poire et le fromage.
En quoi consiste le jeu de la jarretière ?
Le jeu de la jarretière repose sur un principe simple : une vente aux enchères, avec la jambe de la mariée comme enjeu. Voici comment il se déroule traditionnellement.
- Deux clans s’affrontent. Les hommes misent pour que la mariée relève sa robe, centimètre par centimètre, jusqu’à dévoiler la jarretière. Les femmes misent pour faire redescendre le tissu.
- L’argent va aux mariés. Autrefois, les sommes récoltées complétaient la dot. Aujourd’hui, elles alimentent la cagnotte du couple, pour le voyage de noces par exemple.
- Le gagnant retire la jarretière. Si un homme l’emporte, il vient l’enlever lui-même, parfois avec les dents, et la conserve en souvenir. Si une femme gagne, l’accessoire reste en place.
La jarretière se porte en général sur la cuisse de la jambe que la mariée préfère, ni trop haute ni trop basse pour rester accessible. Sur le papier, l’animation se veut conviviale. Dans la pratique, elle a de plus en plus de mal à passer.
Pourquoi le jeu de la jarretière est devenu ringard et malaisant
Ce jeu ne fait plus recette, et c’est un euphémisme. Trois reproches reviennent de mariage en mariage.
Le fond du jeu a mal vieilli. Une mariée qui dévoile sa jambe sous les regards pendant que des invités sortent leur portefeuille, l’image est régulièrement qualifiée de misogyne, sexiste et dépassée. Le corps de la mariée devient un objet d’enchères, ce qui détonne avec l’idée qu’on se fait d’un mariage en 2026.
Le malaise gagne la salle. Tout le monde connaît la scène : le tonton un peu trop enthousiaste qui se rince l’œil dans son coin, les grands-parents qui ne savent plus où regarder, le silence gêné entre deux enchères. L’animation censée faire rire fige une partie de l’assemblée.
Les invités se sentent forcés de payer. Une animation de mariage devrait être un cadeau, pas une quête déguisée. Or beaucoup d’invités enchérissent par pression sociale, mal à l’aise à l’idée de passer pour radins. Et si personne ne mise, la gêne est totale.
Une nuance s’impose tout de même : porter une jarretière n’oblige en rien à faire le jeu. L’accessoire peut rester un joli détail intime, gardé pour la nuit de noces, sans passer par la case enchères devant cent personnes.
Ce qu’on peut garder : la jarretière bleue et le lancer
Renoncer au jeu ne veut pas dire jeter le symbole. Deux traditions liées à la jarretière se prêtent bien à une version douce.
La jarretière bleue incarne le fameux quelque chose de bleu de la comptine anglaise (something old, something new, something borrowed, something blue). Le bleu y symbolise la fidélité et la pureté, et la jarretière est l’objet le plus simple pour glisser cette couleur porte-bonheur sous la robe. Beaucoup de modèles intègrent d’ailleurs un nœud bleu, même quand aucun jeu n’est prévu.
Le lancer de jarretière, lui, est le pendant masculin du lancer de bouquet : le marié retire la jarretière et la lance aux célibataires, celui qui l’attrape étant réputé se marier le prochain. La coutume descend d’une pratique médiévale où les invités arrachaient un morceau du vêtement de la mariée comme porte-bonheur. Le geste s’est adouci en lancer pour calmer le chahut. Version moderne, sans enchère ni jambe exposée, elle garde le clin d’œil festif.
Par quoi remplacer le jeu de la jarretière ?
Si l’idée d’une vente aux enchères vous met mal à l’aise, rassurez-vous : les alternatives ne manquent pas, et certaines font bien plus rire que l’original.
| Alternative | Le principe |
|---|---|
| Le jeu de la cravate | On mise sur la cravate du marié plutôt que sur la robe de la mariée. Chacun repart avec un morceau souvenir, et l’attention ne pèse plus sur une seule personne. |
| La jarretière à gagner | L’accessoire devient le lot d’une tombola humoristique ou d’un ticket à gratter. Personne ne dévoile ses jambes, et les lots gags déclenchent les rires. |
| Le quiz par équipes | Équipe des filles contre équipe des garçons sur un blind test ou un quiz sur les mariés. L’équipe gagnante remporte le lancer ou la jarretière. |
| La borne photo | Un photobooth posé dans la salle : tout le monde participe, repart avec un tirage souvenir, et l’ambiance monte sans gêner personne. |
De toutes ces options, le photobooth pour votre mariage est sans doute celle qui fait l’unanimité. Là où le jeu de la jarretière met une personne mal à l’aise, la borne photo fait l’inverse : elle embarque les enfants, les grands-parents, les copains timides comme le tonton excité, chacun repart avec sa photo, et les mariés récupèrent un livre de souvenirs autrement plus parlant qu’une enveloppe. C’est gratuit pour les invités, drôle pour tout le monde, et ça ne vexe personne. Pour creuser le sujet, notre guide des meilleurs jeux pour un mariage regorge d’idées, et nos animations pour un mariage chic montrent qu’on peut amuser ses invités avec élégance.
Remplacez l’enchère gênante par une borne photo : souvenirs garantis, invités conquis.
Une dernière remarque sur l’argent. Si le jeu servait surtout à remplir la cagnotte, sachez qu’il existe des façons bien plus élégantes d’aborder le sujet : notre article sur combien donner pour un mariage aide vos invités à voir clair, sans qu’aucune jambe n’ait à se lever.
Questions fréquentes sur la jarretière de mariage
Pourquoi fait-on le jeu de la jarretière ?
À l’origine, pour compléter la dot de la mariée grâce aux enchères des invités. Aujourd’hui, l’objectif est le même côté argent (remplir la cagnotte des mariés), avec une dimension festive censée animer la soirée.
D’où vient l’expression Honni soit qui mal y pense ?
Elle est attribuée au roi Édouard III, qui l’aurait prononcée après avoir ramassé la jarretière tombée de la comtesse de Salisbury. Elle est devenue la devise de l’Ordre de la Jarretière, fondé en 1348.
Sur quelle jambe se porte la jarretière et qui l’enlève ?
Elle se place sur la cuisse, généralement sur la jambe que la mariée préfère, à mi-hauteur pour rester accessible. Dans la version traditionnelle, c’est le gagnant des enchères ou le marié qui la retire.
Que signifie la jarretière bleue lors d’un mariage ?
Le bleu correspond au quelque chose de bleu de la tradition anglo-saxonne, symbole de fidélité et de pureté. La jarretière est l’objet le plus discret pour porter cette couleur porte-bonheur le jour J.
Le jeu de la jarretière est-il obligatoire ?
Absolument pas. C’est une coutume, jamais une obligation. Vous pouvez porter une jarretière sans faire le jeu, le remplacer par une autre animation, ou simplement vous en passer.
Par quoi remplacer le jeu de la jarretière ?
Par le jeu de la cravate du marié, un lancer façon lancer de bouquet, une tombola humoristique, un quiz par équipes, ou une borne photo qui fait participer tous les invités sans aucun malaise.
